Souscription au recueil La Ravine de Sadou Czapka

La neige sur ton front dessine des visages,

et je te vois,

remonter le fil de ma mémoire.

Tes rêveries s’échafaudent et passent,

dans la caravane où s’accroche ta lumière.

La neige éclaire d’autres espaces,

dont l’infinie beauté, nous ravage.

Les amis,

Je suis très heureuse de vous faire part de la sortie prochaine de ce petit livre de poèmes « La Ravine » à paraître aux éditions Rafaël de Surtis, avec en couverture une encre de Samuel Autexier.

Afin de lancer ce projet nous avons besoin de pré-commandes et je mets en pièce jointe le bon de souscription.

Merci d’avance pour votre confiance,

Sadou

Samedi 17 juillet à 18h à Reillanne : L’oiseau lyre

Nous sommes heureux de recevoir le duo L’oiseau lyre, Charlotte à la harpe et Nathalie à la voix pour un voyage au pays des contes.

Lecture des Contes des sages gardiens de la terre de Patrick Fishman éditions du Seuil.

En vous souhaitant nombreux et heureux sur la place de Reillanne devant la librairie

Sadou

Programme de juin 2021

• Mercredi 9 juin à 18 h 

La librairie Regain reçoit Laurence Vilaine, La Géante (Zulma)

en résidence au Labo novo avec DésirdeLire

Rencontre animée par Sadou suivie d’un apéro sur la terrasse

• Samedi 12 juin à 18 h

Rencontre avec Philippe Guillemant

autour de son livre Le Grand virage de l’humanité (Tredaniel)

Rencontre animée par Valérie & Sadou et suivie d’un apéro

• Samedi 12 et dimanche 13 juin

Stand de la librairie au festival Bigre !

Avec les éditions Quiero, Pesty, GLM, Adverse, etc.

Aux Amis des Arts & au Labo novo…

• Samedi 19 juin à 11 h

Stand de la librairie à La Berdine à Saint-Martin de Castillon (84)

Conférence de Frédéric Lenoir sur le thème

« Donner un sens à sa vie au XXIe siècle »

• Dimanche 27 juin à 18 h

Rencontre avec Sébastien Klotz

autour de son livre Des racines aux yeux (Parole)

Rencontre animée par Sadou

Dimanche 30 mai à 11h à Reillanne : la Commune de Paris !

Autour de Youl et du livre réalisé avec Bernard Noël Le Trésor fusillé, nous fêterons en textes et en chansons les camarades de la Commune assassinées il y a 150 ans alors qu’elles tentaient de réinventer la révolution autour des idées partageuses de l’anarchie : l’association, l’autonomie, la fédération et l’union.

Avec Youl, Zaza et son orgue de barbarie, Sadou, Samuel, etc…

Apéro communard après les lectures…

Vendredi 28 mai à 18h30 à Reillanne : un livre pour Mathilde !

Rencontre avec Joëlle et Gilbert Duranton à l’occasion de la sortie du livre Mais vous savez, votre fille a un joli minois !

Une rencontre sur la place devant la librairie Regain suivie d’un pot de l’amitié…

Pour se procurer le livre, soutenir la démarche : https://www.zeste.coop/fr/un-livre-pour-Mathilde?

Comme si ça ne suffisait pas d’avoir une fille atteinte d’un handicap lourd. Comme si pour Mathilde, être corsetée dans un fauteuil une grande partie de sa courte existence, ce n’était déjà pas assez de souffrance… Il a fallu en plus que Gilbert, Joëlle et Mathilde se battent avec le soutien de tout le village de Reillanne et au delà, pour obtenir une place en Maison d’Accueil Spécialisée. Eh oui le pouvoir, depuis trop longtemps ne donne plus les moyens nécessaires à un vrai service public de la Santé. Les handicapés parmi d’autres oubliés du système en payent le prix fort… Comme si ce n’était pas assez dur, l’APF (Association des Paralysés de France) faute de personnel suffisant, met en danger la vie de ses résidentes. C’est en raison de cette impéritie qu’en août 2015 Mathilde a été violée par un résident qui n’aurait jamais du croiser son chemin…

Le livre de Gilbert raconte tout cela et bien plus encore ! Mathilde et sa formidable personnalité d’amour et de révolte… En retour l’amour sans compter d’un père et d’une mère, les sacrifices jusqu’à l’épuisement… L’amitié et la solidarité tout autour d’eux.

Pierre Weber

Souscription pour le prochain livre de François Reibel

La librairie Regain vous invite à souscrire au prochain recueil de poèmes de François Reibel à paraître aux éditions Rafaël De Surtis. Vous trouverez ci-dessous une souscription à renvoyer à l’éditeur. Merci de soutenir la poésie en ces temps incertains.
De François Reibel vous trouverez plusieurs ouvrages à la librairie Regain et vous pouvez aussi le suivre sur Youtube et entendre notamment sa belle lecture d’Ecce Homo d’Henri Michaux…

Présentation du livre
François Reibel explore dans son dernier recueil une poésie plus abstraite pour faire émerger une sorte de quintessence.
La précision du langage donne un accent classique qui tamise et rythme ce lent voyage vers un absolu de sens et de fulgurances.
Les images pieuses n’y sont jamais lourdes mais prises au revers dans un fond plus trouble, plus inquiétant, comme à la naissance d’un conte, que l’on reconnaît sans pouvoir le nommer.
Ainsi, pas à pas, on traverse une mémoire collective, extrêmement sensible qui ouvre sur le mystère d’être au monde.
Haute expérience que celle d’écrire ainsi, merci à lui.


Sadou Czapka

Envoi de votre souscription à l’éditeur (avant le 30 avril 2021).

Commande de … ex de Un Chapelet au porte-paume de François Reibel (15 € le livre) = …… € (port compris).
Chèque à l’odre de Rafael de Surtis editions – 7 rue Saint-Michel – 81170 Cordes-sur-Ciel

L’expérience de vivre

« Il est parti à la recherche de son souffle celui qui n’a pas voulu croire qu’il était là simplement. […] Parce-qu’il était celui qui passe, et prend du regard seulement, de peur d’alourdir sa course, il avait à vivre l’autre face des choses ».

Extrait du livre Le Voleur de souffle, Gallimard, 1991

À la mort de mon père Georges Czapka, dit Czapka, des histoires et des noms sont revenus que j’ai accueillis comme une mémoire sur le bord de s’effriter. Parmi ces noms celui de Marc Guyon, auteur, et j’entends encore la voix de mon père me raconter des histoires folles de tigre et de lion dans un appartement parisien.

En tant que libraire j’ai eu envie de lire et aussi d’écrire de manière à raviver les braises du passage si intense de mon père.

J’ai donc écrit en pensant à lui, à nous, à vous, à tous ceux qui vivent de poésie.


L’œuvre de Marc Guyon semble s’articuler entre poésie, prose et philosophie, une empreinte singulière s’y manifeste, on retrouve une lignée littéraire ancrée dans un absolu, la quête d’intégrité se dit sans détours comme dimension même de l’écrit.

Le mal de vivre et l’exigence de vivre se retrouvent côte à côte, en équilibre ou en déséquilibre face à l’impermanence et à l’hostilité du monde social.

Il n’est pas de séduction dans cette oeuvre brute qui délimite ses obsessions dans Le principe de solitude, une misanthropie tenace imprègne ce texte court et perturbant. Dans une langue efficace et maîtrisée on sent un mal de vivre qui s’origine au cœur même du « principe d’exister » : « À cette gaine soyeuse et bien huilée que proposent les femmes comme un remède à la déréliction, je préfère une existence sans aucun soleil » Le principe de solitude, p. 74.

La poétique de Marc Guyon se décline entre autres dans Volis Agonal et Le Voleur de souffle, des recueils d’une grande densité qui reprennent les thèmes de l’identité, du manque, de la solitude. On échappe constamment à ce qui insuffle la matrice du poème, une pensée contient toutes les autres pensées et c’est cette forme abyssale qui laisse un goût d’enchantement et de sidération. Un sentiment d’effroi saisit le lecteur qui reste suspendu de bout en bout.

L’enfance s’y devine dans sa noirceur, tour à tour salie et vivante, elle confère à l’œuvre son caractère universel.

On entre alors dans une expérience mystique, un long dialogue avec l’absence, avec le vide, on peut penser à L’Homme qui dort de Georges Perec, pour ce frottement au chaos intime. Un abandon progressif des codes sociaux nous entraîne dans des marges mentales qui frôlent la folie, on sent qu’une expérience de vie non normée est menée jusqu’à son point de chute sans pour autant se perdre totalement, l’homme coupe les liens qui l’enferment et se retrouve nu face à un monde dont il devient spectateur.

« Le dégoût de soi est-il cette pierre blanche que tu m’as donnée enfant ? »

Extrait du livre Le Voleur de souffle.

Une étrange pureté s’en dégage qui se distingue dans l’absence de pensées convenues ou convenables. Le lecteur se sent vite dérouté ou inquiété s’il ne possède ce courage d’aller directement aux profondeurs et s’il ne cherche à se libérer de ses propres artifices.

La poésie de Marc Guyon aspire dans un même mouvement beauté et cruauté. Une lame en incise la chair pour ne conserver qu’un noyau brut aux essences rares. Le regard du fauve y plane comme la mesure du temps.

En découvrant Le voyage transparent publié en 1994, on entre dans un tout autre aspect de l’œuvre. Tout en conservant l’amarrage d’un voyage en solitaire on y découvre une douceur qu’on n’attendait plus. Ce roman se trame dans les interstices du voyage amoureux. L’auteur y renouvelle un face à face avec le vide matérialisé par la moto, la vitesse, le bord coupant des virages, le gouffre. La rupture y est comme essentielle, sorte de garde fou d’une vie qui serait trop plate ou trop édulcorée. C’est par la blessure que l’accès au monde se fait plus intense, plus sensible, plus exalté.

« Ce soir la nuit viendra. Nous nous retrouverons, Aube et moi. Nous partirons. Je ne sais rien d’elle, elle n’a pas de nom. Aube est le nom que je lui ai donné, qu’elle a accepté, indifférente.
Autour d’elle se condense l’air que j’ai respiré. Si je n’ai pas su ce que c’était que vivre, du moins n’ai-je pas fui ce qui m’a saisi. C’est le visage de chaque chose qui m’a bouleversé ».

Extrait du livre Le voyage transparent, Gallimard, 1994.

La poésie s’y engage avec force et des fulgurances d’images ponctuent ce roman moderne, la justesse des situations, les incomplétudes du rapport amoureux y sont décantées et soumises à une extrême lucidité.

Mais c’est toujours l’immense capacité à capter l’essence des choses qui retient le lecteur, une noblesse d’âme et de sentiment ruisselle et on accède finalement à une sorte de firmament, l’auteur semble habiter la marge comme une évidence, une marge non dite et non revendiquée, une marge intérieure, inaliénable.

Sadou Czapka


Marc Guyon

Né à Bourg-en-Bresse en 1946, Marc Guyon, après de quelconques études secondaires, a rêvé d’entrer à l’Université. Il lui a fallu gagner sa vie, et il a exercé mille métiers, dont celui de dresseur de fauves dans un zoo de cinéma. Il monte  à Paris en 1968. Il lit peu les poètes et ne les fréquente pas davantage, ce qui ne l’empêche pas de publier en 1972 un premier recueil, Volis agonal, dont on parle peu, mais où l’on trouve des textes lapidaires d’une étrange densité.

Extrait de la page publiée dans le journal Le Monde par Alain Bosquet le 3 juin 1977.

Bibliographie

  • Le Voyage transparent, Gallimard, 04/10/1994
  • Le Voleur de souffle, Gallimard, 02/04/1991
  • Le Cœur ténébreux, Gallimard, 13/03/1990
  • Le Principe de solitude, Gallimard, 02/01/1979
  • Volis agonal, Gallimard, 05/01/1973

GLM, éditeur, typographe et poète

Un éditeur qui imprime lui-même ses livres.

C’est à 19 ans, en 1923, que Guy Lévis Mano crée avec quelques amis une première revue La revue sans titre, et c’est déjà une revue GLM : les illustrations (d’abord des gravures sur bois) sont intégrées à l’édition et la mise en page fait dès le début l’objet d’une recherche formelle. Cette recherche poussera GLM à publier constamment de nouvelles revues, variant format, présentation et mise en page. Son intérêt pour la typographie et l’illustration sera constant.

Dans son activité d’éditeur, GLM se passionne pour la typographie dont il tient à s’occuper lui-même chez l’imprimeur dès les premières éditions. À l’été 1933, le poète urugayen Rodriguez Pintos lui laisse une petite presse à levier, avec quelques casses. GLM commence alors à imprimer lui même. Il publie cet été là son premier livre de poèmes sous le titre Il est fou, bientôt suivi de Ils sont trois hommes.

Les éditions GLM naissent véritablement en 1933 et publieront de cette date jusqu’en 1974 plus de 500 ouvrages pour l’essentiel imprimés dans l’atelier d’imprimerie de la rue Huyghens. Les textes choisis par Guy Lévis Mano sont ceux des meilleurs poètes de son époque (Maurice Blanchard, René Char, Andrée Chedid, André du Bouchet, Jacques Dupin, Paul Éluard, Federico García Lorca, Pierre Jean Jouve, Henri Michaux, Valentine Penrose, Jacques Prévert, Laurice Schehadé, Yvonne Vineuil, etc.) ainsi que de nombreuses traductions de l’espagnol, de l’anglais, de l’allemand, etc. qui constituent un catalogue extraordinaire de l’activité créatrice du XXe siècle.

La librairie Regain présente sur son site plus de 100 titres encore disponibles qui peuvent aussi être commandées auprès de l’association GLM via le petit musée qui lui est consacré à Vercheny dans la Drôme. Pour plus de renseignements, faites la visite du site de l’association GLM : http://www.guylevismano.com.