Parution à la librairie Regain : Nagercoil de Simon Ortner.

Un deuxième livre sort ce printemps à l’enseigne de la librairie Regain : Nagercoil de Simon Ortner.

Avec des mots rouges comme des pierres, le peintre Simon Ortner dessine les contours d’une rencontre entre musique, maison, peinture et marée. Ça sent l’algue, le vent, le sel et le ciel blanc du dimanche.

On y découvre la poésie du peintre qui avait exposé l’an dernier pour notre deuxième Regain de poésie… Ci-dessous les premières pages du livre que vous pouvez vous offrir pour la modique somme de 3 euros.

Souscription pour le prochain livre de François Reibel

La librairie Regain vous invite à souscrire au prochain recueil de poèmes de François Reibel à paraître aux éditions Rafaël De Surtis. Vous trouverez ci-dessous une souscription à renvoyer à l’éditeur. Merci de soutenir la poésie en ces temps incertains.
De François Reibel vous trouverez plusieurs ouvrages à la librairie Regain et vous pouvez aussi le suivre sur Youtube et entendre notamment sa belle lecture d’Ecce Homo d’Henri Michaux…

Présentation du livre
François Reibel explore dans son dernier recueil une poésie plus abstraite pour faire émerger une sorte de quintessence.
La précision du langage donne un accent classique qui tamise et rythme ce lent voyage vers un absolu de sens et de fulgurances.
Les images pieuses n’y sont jamais lourdes mais prises au revers dans un fond plus trouble, plus inquiétant, comme à la naissance d’un conte, que l’on reconnaît sans pouvoir le nommer.
Ainsi, pas à pas, on traverse une mémoire collective, extrêmement sensible qui ouvre sur le mystère d’être au monde.
Haute expérience que celle d’écrire ainsi, merci à lui.


Sadou Czapka

Envoi de votre souscription à l’éditeur (avant le 30 avril 2021).

Commande de … ex de Un Chapelet au porte-paume de François Reibel (15 € le livre) = …… € (port compris).
Chèque à l’odre de Rafael de Surtis editions – 7 rue Saint-Michel – 81170 Cordes-sur-Ciel

L’expérience de vivre

« Il est parti à la recherche de son souffle celui qui n’a pas voulu croire qu’il était là simplement. […] Parce-qu’il était celui qui passe, et prend du regard seulement, de peur d’alourdir sa course, il avait à vivre l’autre face des choses ».

Extrait du livre Le Voleur de souffle, Gallimard, 1991

À la mort de mon père Georges Czapka, dit Czapka, des histoires et des noms sont revenus que j’ai accueillis comme une mémoire sur le bord de s’effriter. Parmi ces noms celui de Marc Guyon, auteur, et j’entends encore la voix de mon père me raconter des histoires folles de tigre et de lion dans un appartement parisien.

En tant que libraire j’ai eu envie de lire et aussi d’écrire de manière à raviver les braises du passage si intense de mon père.

J’ai donc écrit en pensant à lui, à nous, à vous, à tous ceux qui vivent de poésie.


L’œuvre de Marc Guyon semble s’articuler entre poésie, prose et philosophie, une empreinte singulière s’y manifeste, on retrouve une lignée littéraire ancrée dans un absolu, la quête d’intégrité se dit sans détours comme dimension même de l’écrit.

Le mal de vivre et l’exigence de vivre se retrouvent côte à côte, en équilibre ou en déséquilibre face à l’impermanence et à l’hostilité du monde social.

Il n’est pas de séduction dans cette oeuvre brute qui délimite ses obsessions dans Le principe de solitude, une misanthropie tenace imprègne ce texte court et perturbant. Dans une langue efficace et maîtrisée on sent un mal de vivre qui s’origine au cœur même du « principe d’exister » : « À cette gaine soyeuse et bien huilée que proposent les femmes comme un remède à la déréliction, je préfère une existence sans aucun soleil » Le principe de solitude, p. 74.

La poétique de Marc Guyon se décline entre autres dans Volis Agonal et Le Voleur de souffle, des recueils d’une grande densité qui reprennent les thèmes de l’identité, du manque, de la solitude. On échappe constamment à ce qui insuffle la matrice du poème, une pensée contient toutes les autres pensées et c’est cette forme abyssale qui laisse un goût d’enchantement et de sidération. Un sentiment d’effroi saisit le lecteur qui reste suspendu de bout en bout.

L’enfance s’y devine dans sa noirceur, tour à tour salie et vivante, elle confère à l’œuvre son caractère universel.

On entre alors dans une expérience mystique, un long dialogue avec l’absence, avec le vide, on peut penser à L’Homme qui dort de Georges Perec, pour ce frottement au chaos intime. Un abandon progressif des codes sociaux nous entraîne dans des marges mentales qui frôlent la folie, on sent qu’une expérience de vie non normée est menée jusqu’à son point de chute sans pour autant se perdre totalement, l’homme coupe les liens qui l’enferment et se retrouve nu face à un monde dont il devient spectateur.

« Le dégoût de soi est-il cette pierre blanche que tu m’as donnée enfant ? »

Extrait du livre Le Voleur de souffle.

Une étrange pureté s’en dégage qui se distingue dans l’absence de pensées convenues ou convenables. Le lecteur se sent vite dérouté ou inquiété s’il ne possède ce courage d’aller directement aux profondeurs et s’il ne cherche à se libérer de ses propres artifices.

La poésie de Marc Guyon aspire dans un même mouvement beauté et cruauté. Une lame en incise la chair pour ne conserver qu’un noyau brut aux essences rares. Le regard du fauve y plane comme la mesure du temps.

En découvrant Le voyage transparent publié en 1994, on entre dans un tout autre aspect de l’œuvre. Tout en conservant l’amarrage d’un voyage en solitaire on y découvre une douceur qu’on n’attendait plus. Ce roman se trame dans les interstices du voyage amoureux. L’auteur y renouvelle un face à face avec le vide matérialisé par la moto, la vitesse, le bord coupant des virages, le gouffre. La rupture y est comme essentielle, sorte de garde fou d’une vie qui serait trop plate ou trop édulcorée. C’est par la blessure que l’accès au monde se fait plus intense, plus sensible, plus exalté.

« Ce soir la nuit viendra. Nous nous retrouverons, Aube et moi. Nous partirons. Je ne sais rien d’elle, elle n’a pas de nom. Aube est le nom que je lui ai donné, qu’elle a accepté, indifférente.
Autour d’elle se condense l’air que j’ai respiré. Si je n’ai pas su ce que c’était que vivre, du moins n’ai-je pas fui ce qui m’a saisi. C’est le visage de chaque chose qui m’a bouleversé ».

Extrait du livre Le voyage transparent, Gallimard, 1994.

La poésie s’y engage avec force et des fulgurances d’images ponctuent ce roman moderne, la justesse des situations, les incomplétudes du rapport amoureux y sont décantées et soumises à une extrême lucidité.

Mais c’est toujours l’immense capacité à capter l’essence des choses qui retient le lecteur, une noblesse d’âme et de sentiment ruisselle et on accède finalement à une sorte de firmament, l’auteur semble habiter la marge comme une évidence, une marge non dite et non revendiquée, une marge intérieure, inaliénable.

Sadou Czapka


Marc Guyon

Né à Bourg-en-Bresse en 1946, Marc Guyon, après de quelconques études secondaires, a rêvé d’entrer à l’Université. Il lui a fallu gagner sa vie, et il a exercé mille métiers, dont celui de dresseur de fauves dans un zoo de cinéma. Il monte  à Paris en 1968. Il lit peu les poètes et ne les fréquente pas davantage, ce qui ne l’empêche pas de publier en 1972 un premier recueil, Volis agonal, dont on parle peu, mais où l’on trouve des textes lapidaires d’une étrange densité.

Extrait de la page publiée dans le journal Le Monde par Alain Bosquet le 3 juin 1977.

Bibliographie

  • Le Voyage transparent, Gallimard, 04/10/1994
  • Le Voleur de souffle, Gallimard, 02/04/1991
  • Le Cœur ténébreux, Gallimard, 13/03/1990
  • Le Principe de solitude, Gallimard, 02/01/1979
  • Volis agonal, Gallimard, 05/01/1973

GLM, éditeur, typographe et poète

Un éditeur qui imprime lui-même ses livres.

C’est à 19 ans, en 1923, que Guy Lévis Mano crée avec quelques amis une première revue La revue sans titre, et c’est déjà une revue GLM : les illustrations (d’abord des gravures sur bois) sont intégrées à l’édition et la mise en page fait dès le début l’objet d’une recherche formelle. Cette recherche poussera GLM à publier constamment de nouvelles revues, variant format, présentation et mise en page. Son intérêt pour la typographie et l’illustration sera constant.

Dans son activité d’éditeur, GLM se passionne pour la typographie dont il tient à s’occuper lui-même chez l’imprimeur dès les premières éditions. À l’été 1933, le poète urugayen Rodriguez Pintos lui laisse une petite presse à levier, avec quelques casses. GLM commence alors à imprimer lui même. Il publie cet été là son premier livre de poèmes sous le titre Il est fou, bientôt suivi de Ils sont trois hommes.

Les éditions GLM naissent véritablement en 1933 et publieront de cette date jusqu’en 1974 plus de 500 ouvrages pour l’essentiel imprimés dans l’atelier d’imprimerie de la rue Huyghens. Les textes choisis par Guy Lévis Mano sont ceux des meilleurs poètes de son époque (Maurice Blanchard, René Char, Andrée Chedid, André du Bouchet, Jacques Dupin, Paul Éluard, Federico García Lorca, Pierre Jean Jouve, Henri Michaux, Valentine Penrose, Jacques Prévert, Laurice Schehadé, Yvonne Vineuil, etc.) ainsi que de nombreuses traductions de l’espagnol, de l’anglais, de l’allemand, etc. qui constituent un catalogue extraordinaire de l’activité créatrice du XXe siècle.

La librairie Regain présente sur son site plus de 100 titres encore disponibles qui peuvent aussi être commandées auprès de l’association GLM via le petit musée qui lui est consacré à Vercheny dans la Drôme. Pour plus de renseignements, faites la visite du site de l’association GLM : http://www.guylevismano.com.

Ils ont voulu nous enterrer, ils ont oublié que nous étions des graines…

Là où la moitié brisée du souffle
Eparpille grain à grain
Tout ce qui fut
tout ce qui souffle
Gît mon cœur de sable
 
Extrait du livre de Marie Huot
Gît le coeur éditions Le Bruit des autres.
 
 

Pour 2021, la librairie Regain & Les Jardins du Largue s’associent pour vous inviter à cheminer sur leurs sites, entre graines et poésie des ponts se tissent, des voix s’entendent :

https://www.les-jardins-du-largue.org & https://www.librairie-regain.fr

Coups de cœur à la librairie Regain de Reillanne – émission de Fréquence Mistral (2)

Merci à Charlène Rock (stagiaire) et James Fontaine pour ce deuxième rendez-vous à la librairie…

Pour écouter l’émission de Fréquence Mistral diffusée le 1er décembre 2020

Dans notre rendez-vous mensuel avec les libraires de la région, nous vous proposons d’écouter une  entrevue avec nos deux amis de la librairie Regain située à Reillanne. Sadou nous parle de la réouverture de la librairie dans un premier temps, puis dans un second, Samuel Autexier nous livrera deux de ses coups de coeur entrecoupés d’une pause musicale proposée en compagnie de Sadou Czapka. Tous deux nous liront bien évidemment un extrait des deux livres présentés au micro de Charlène Rock.


(Article et réalisation Charlène Rock avec James Fontaine) 

Musique : Ottilie B, Donne tes elles et Crayons extraits de l’Album Histoires d’O.Deux.

Lire l’article sur le site de Fréquence mistral :
https://www.frequencemistral.com/Coups-de-coeur-a-La-librairie-Regain-de-Reillanne_a10075.html

Sadou Czapka, libraire

Les 2 coups de cœur de la librairie…

Le Réalisme capitaliste de Mark Fisher publié par Entremonde – 10 euros

L’Éblouissement de la révolte de Jean-Luc Sahagian publié par Ici bas (ex CMDE) – 13 euros

Coups de cœur à la librairie Regain de Reillanne – émission de Fréquence Mistral (1)

Merci à James Fontaine pour ce rendez-vous à la librairie…

Vous pourrez écouter en direct deux autres coups de cœur la semaine prochaine sur Fréquence mistral.

Pour écouter l’émission de Fréquence Mistral diffusée le 17 novembre 2020

Dans notre rendez-vous mensuel avec les libraires de la région, nous vous proposons d’écouter une  entrevue avec nos deux amis de la librairie Regain située à Reillanne. Nous découvrirons comment fonctionne le lieu durant le reconfinement dans un premier temps. Puis dans un second, Samuel Autexier nous livrera deux de ses coups de coeur entrecoupés d’une pause musicale proposée en compagnie de Sadou Czapka. Enfin, tous deux nous liront un extrait des deux livres présentés au micro de James Fontaine.


(Article et réalisation James Fontaine)  

Musique : Losmoz, Erich Krach (d’après la gnossienne N°1 de Satie) et Les anarchistes de Léo Ferré.

L’article sur le site de Fréquence mistral :
https://www.frequencemistral.com/Coups-de-coeur-a-La-librairie-Regain-de-Reillanne_a10029.html

Les 2 coups de cœur de la librairie…

Coups de coeur à La librairie Regain de Reillanne

Faber, le destructeur de Tristan Garcia publié par Gallimard en folio – 8,50 euros

Têtes d’orage de Christian Ferrer publié par Rue des cascades – 12,20 euros