Frères migrants

(1 lecture)

6,00 

Patrick Chamoiseau
Points

136 pages
Parution : 31/05/2018

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EAN : 9782757871416 Rayon : Étiquettes : , , ,

Résumé de l'éditeur

La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne
pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe —
c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout
ce qui est contraire à la dignité, à la décence. A tout ce qui est
contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable
surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire :  » On ne
peut pas laisser passer cela !  » Il appuyait sur le  » on ne peut pas « .
C’était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d’aucun pouvoir. Nous
n’étions reliés à aucune puissance. Nous n’avions que la ferveur de nos indignations. C’est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante,
qu’il fondait son droit et son devoir d’intervention. Il se réclamait de
cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains. Je ne
suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les
rives du monde, j’ai imaginé qu’Edouard Glissant m’avait appelé, comme
m’ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait
agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s’y commettent.
Elle ne sert qu’à esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde.
Ce n’est pas grand-chose. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de
l’esprit. Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier
Paolo Pasolini aurait donné sa vie.

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Fiche technique

Poids 82 g
Dimensions 18 × 11 × 1 cm

1 lecture pour Frères migrants

  1. Samuel

    Voici, un livre manifeste qui met la figure du migrant au centre de l’invention d’une « mondialité » ou la relation et le rapport à l’autre ouvre sur le « Tout-monde ». Un concept « poélitique » partagé avec Edouard Glissant qui indique une terre où chacun serait partout chez soi.
    L’écriture limpide et entêté de Patrick Chamoiseau retourne avec une grande habilité l’image misérabiliste attachée à la migration pour décrire dans le détail la force intérieure de celui ou celle qui, franchissant les frontières absurdes dressées par nos pays en voie de disparition, « transforme la vie et change le monde ».

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