L’arme de la critique sociale

Les luttes sociales ont besoin de livres qui aiguisent le sens critique et alimentent les initiatives et les résistances du temps présent.

Ainsi dans le même rayon se côtoient les classiques de Machiavel, Rousseau, Karl Marx, Michail Bakounine, Hannah Arendt, Simone Weil, Pierre Clastres, Guy Debord, Raoul Vaneiguem mais aussi Michel de Certeau, Annie Le Brun, Pierre Bourdieu, Serge Halimi, Jean-Claude Michéa, Jacques Rancière, Annette Wieviorka, Tassedit Yacine, Howard Zinn  ou le Comité invisible…

« L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. », écrit Albert Einstein en mai 1949. Et si pour citer Serge Pey : « Il fallait avoir lu mille-cinq-cent livres pour prétendre entrer à l’université » alors nous ajouterons aux incontournables cités ci-dessus, quelques ouvrages qui nous ont enflammés ces temps-ci.

Ainsi les beaux livres du Collectif des métiers de l’édition (CMDE) à Toulouse : Quartier en guerre et Visages de la lutte de Seth Tobocman, Facebook, anatomie d’une chimère de Julien Azam, Le Travailleur de l’extrême de Ake Anstallning, Le Carton de Fred Durand. Mais aussi les ouvrages publié sous l’enseigne de Rue des cascades dont l’étincelant Têtes d’orage de l’argentin Christian Ferrer, celui de Alessi Dell Umbria Echos du Mexique rebelle ou Les Jeux de l’amour et du langage de Jérôme Peignot.

Des livres éprouvants comme Exterminez toutes ces brutes de Sven Lindqvist qui dénonce la brutalité européenne de la colonisation en Afrique au et propose un lien inédit avec l’Holocauste en Europe, le livre émouvant de Marie Cristiani Mon Frédo sur l’assassinat et la déportation par la police française d’un jeune couple juif et communiste (France Bloch et Frédo Sarrazin), des livres de témoignages comme celui de Danielle Bleitrach Le Temps retrouvé d’une communiste ou Entretiens (1949-1975) de Pier Paolo Pasolini, des livres de combats comme Correspondance avec la classe dirigeante sur la destruction du livre et de ses métiers de Dominique Mazuet ou Julian Assange en danger de mort de Aymeric Monville aux éditions Delga.

Mais aussi les livres et revues anti-industrielles ou technocritique publiés par La Lenteur dont l’ouvrage majeur de Bertrand Louart Les Êtres humains ne sont pas des machines qui propose une autre fondation à la science biologique que celle d’un darwinisme fascisant, le livre critique et très documenté sur l’inquiétante idéologie transhumaniste L’Homme augmenté de Philippe Baqué paru chez Agone, le témoignage éclairant de Hubert Blond et Sandy Rousson sur les gilets jaunes des Alpes de Haute-Provence Instants d’humanité…

Sans oublier un rayon féminisme bien nourri par les nouvelles parutions qui contribuent à bousculer les genres et cherche à abolir un sytème qui nous opprime toustes. Ainsi Le Capitalisme patriarcal de Sylvia Federici, cotoie King Kong théorie de Virginie Despentes. Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, Sorcières de Mona Chollet ou Le Sel de la vie de Françoise Héritier…

Enfin, ce courant de pensée critique dit « de la valeur » dont plusieurs acteurs franco-allemands sont nos proches voisins et qui propose une analyse critique et radicale du travail autour de la figure tutélaire de Robert Kurz. Une pensée qui s’est fait connaître par la publication du Manifeste contre le travail et propose aujourd’hui aux éditions Crise & Critique Ne travaillez jamais ! de Alastair Hemmens ou encore Le Sexe du capitalisme de Rosita Scholz.

Tout cela en continuant à tisser des liens avec la littérature et la poésie, indispensables véhicules d’une critique vivante, et les œuvres toujours vives de Albert Camus, Annie Ernaux, Jean Giono, Emmet Grogan, Harry Martinson, Jack London, Serge Pey, Nathalie Quintane ou Virginia Woolf…

Samuel

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Détail d’une planche de la bande dessinée de Seth Tobocman Quartier en guerre publié par CMDE.

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Une réponse sur “L’arme de la critique sociale”

  1. J’aime bien la façon avec laquelle les rubriques sont appréhendées… Cependant, les textes sont parfois trop denses pour le lecteur de tous les jours.
    Bravo en tout cas pour cette initiative sympa qui met vraiment en valeur toutes les activités de la librairie Regain

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